presse force one

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informations, investigations, analyses

lundi 8 août 2011

Henri de Raincourt, ministre français de la Coopération



« Le printemps africain en tant que tel est commencé dans différents domaines depuis déjà un certain temps. Que ce soit sur le plan économique, avec des croissances dans un certain nombre de pays, par exemple au Ghana. Au cours l’année 2011, la croissance du Ghana tournera autour de 14%. Deuxièmement, le printemps est aussi démocratique, que ce soit en Guinée Conakry, au Niger, en Côte d’Ivoire, c’est la démocratie qui l’a emporté. »

Quel est le jeu de la France dans les pays africains où le président tente de s’éterniser au pouvoir ? Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, rentre d’une tournée dans trois pays africains en compagnie du Premier ministre, François Fillon.
Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

SCANDALE : PIERRE TITI NWELL ELECAM


SCANDALE : PIERRE TITI NWELL

Le sociologue qui condamnait fermement le retrait à ELECAM du droit de publier les tendances affirme aujourd’hui « qu’il s’agit d’une avancée… »
Ecoutez donc Pierre titi Nwell ;
c’était samedi 06 AOUT 2011 (Avant-hier) à Politude.

MISE EN GARDE ELECAM


vendredi 5 août 2011

CAMTEL (ACTE I) : NEPOTISME DANS LES RECRUTEMENTS



Diffusé pour la première fois en 2008 sur internet, l'objectif reste et demeure la bonne gouvernance pour des entreprises d'état performantes et rentables pour le bien de tous.

Dans le prochain fichier, (ACTE II) je propose des documents sur les salaires, les dépenses, les marchés, les chiffres des campagnes de pub, Les rendements depuis 2007, les audits...

jeudi 4 août 2011

VALSERO: J'EN VEUX




Dans cet inédit que nous mettons à votre disposition, le général Valsero administre les uppercuts à tout le monde. C’est une analyse sans concession ni parti pris que nous livre le rappeur.

Le rappeur revient avec un single, où il demande aux Africains de se mobiliser pour barrer la voie à la communauté internationale. Valsero voit désormais grand. Plus indigné que jamais, le rappeur revient avec un nouveau single qui s'ouvre aux problématiques africaines, tout en continuant à dénoncer.

Produit par le mouvement « Valsero et les enfants de la révolution », dans le cadre de son projet « Liberté pour l'Afrique », le single de deux titres sort officiellement le 19 mai 2011. Avec ses textes incisifs et courageux, qui épousent les thématiques actuelles, le rappeur dit vouloir s'impliquer dans la reconstruction de l'Afrique.

« J'en veux » est le premier titre inédit de ce single. L'artiste que ses fans ont surnommé Général y porte le cri des Africains qui en ont marre de vivre « libres mais enchaînés ». De sa voix rocailleuse, il balance des volées de bois vert à tous ceux qui ont une part de responsabilité dans la situation de l'Afrique. Chacun en prend pour son grade. La communauté internationale pour son ingérence, l'Occident pour son manque d'humanisme, les présidents africains complices de l'impérialisme occidental, la société civile qui reste muette, les multinationales jouisseuses de richesses africaines. Valsero n'épargne pas même la jeunesse dont il s'est souvent fait le porte-parole, et l'accuse de défaitisme. Il va plus loin et s'assène un coup de massue, pour aimer tant « remuer la merde ». Dans son texte, des bips viennent parfois taire des gros mots qu'il balance. Déchaîné, Valsero ? Absolument.

Onu, persona non grata

L'artiste qui s'inspire de l'actualité mondiale a suivi de près la crise ivoirienne. Voyant la passion qu'elle suscitait au Cameroun, il s'est souvenu de ce qu'Alpha Blondy lui a dit un jour : « Valsero, faut jamais laisser rentrer l'Onu chez vous. Une fois que l'Onu entre chez vous, vous perdez le contrôle de votre pays, parce que derrière le manteau des soldats de la paix, il existe toujours la guerre ». Ces paroles lui inspirent la chanson « Freedom », dans laquelle il demande à la communauté internationale de laisser l'Afrique gérer ses problèmes. « Si aujourd'hui l'Afrique se transforme en un bain de sang, c'est parce que la communauté internationale pratique bien la technique d'attiser la flamme », soutient-il. Ainsi, il appelle les Africains à se mobiliser face aux « envahisseurs », en l'occurrence les soldats de la paix, qu'il qualifie de « vendeurs d'illusion ».

Contrairement aux millions de jeunes camerounais qui « ne savent que subir en silence dans les bars, tout en rêvant de l'étranger », Valsero, lui, veut regarder la réalité bien en face, aussi laide qu'elle soit. Ayant touché cette laideur du doigt, il dénonce avec ses tripes. Cette hargne, il la partage avec une dizaine d'autres jeunes qui forment le mouvement « Valsero et les enfants de la révolution ». Une organisation qui, sans être une association, combat la corruption et appelle les jeunes à s'inscrire massivement sur les listes électorales, en vue de la présidentielle de 2011.


Après « Autopsie » en 2010, « Réponds » en 2009 et « Lettre au président » en 2008, Gaston Ebe, de son vrai nom, marque une nouvelle étape dans sa carrière en s'ouvrant au monde, de la Chine en Israël, en passant par l'Afrique. Les dirigeants camerounais auxquels il n'a jamais fait de cadeau dans ses précédents morceaux peuvent souffler. Ouf ! Mais pas trop vite. Car, dit Valsero, « parler de l'Afrique, c'est parler du Cameroun ».

Libye : Les voleurs de pétrole; Des forces spéciales européennes aident les rebelles à détourner un pétrolier de Kadhafi en Méditerranée


Libye : Des forces spéciales européennes aident les rebelles à détourner un pétrolier de Kadhafi en Méditerranée

Publié le4 août 2011 pardirectscoop

TRIPOLI – Les rebelles libyens, aidés par des forces spéciales Européennes ont détourné mercredi le Cartagena, un pétrolier appartenant à la société gouvernementale libyenne General National Maritime Transport, vers deux heures du matin, a-t-on appris de sources officielles.
Le navire qui transportait 40.000 tonnes d’essence qu’il devait initialement livrer à Tripoli a été abordé par un remorqueur battant pavillon libyen alors qu’il était à l’ancre près des eaux territoriales maltaises.
Il aurait été saisi par des insurgés libyens qui ont agi sans l’accord du Conseil national de transition (CNT), l’organe de commandement des rebelles, mais avec l’appui des forces européens.
Une « source bien informée » affirme qu’un gouvernement européen a fourni la logistique nécessaire pour cette opération, dont probablement l’emploi de forces spéciales aéroportées.
Le porte-parole de l’Otan a déclaré avoir entendu parler de cette information, mais « ne pas être en position de spéculer » sur sa véracité.
En mars, les rebelles libyens avaient déjà détourné un pétrolier appartenant à une compagnie gouvernementale libyenne.

CAMEROUN : LA JEUNESSE ET LE PRESIDENT LE PARADIGME D’UNE PROFONDE DECHIRURE



Depuis quelques mois, le gouvernement de la république alimente les caisses des médias internationaux de publicité relatives à l’action du président Paul Biya en faveur des jeunes : Africa 24, France 24, Le Monde…On y apprend entre autre que la jeunesse est une priorité. La couleuvre est difficile à avaler. Mais comme disait Joseph Goebbels, « Si vous dites un mensonge suffisamment grand et continuez à le répéter, les gens finiront par le croire »

Nous y avions pourtant naïvement cru. Je me souviens de ce jour de novembre 2004 à l’assemblée nationale à l’occasion du septième serment du président. Il avait l’air si sincère que nous y avions cru. Nous nous sommes dit « ça y est, c’est le mandat de la rédemption, il va se passer de grandes choses »
Nous sommes de cette génération (25-35 ans) qui n’a connue que Paul Biya Comme président. En 28 ans de magistrature suprême, il nous a enregistré 28 discours. Nous n’avons jamais eu l’occasion de dialoguer, d’échanger, de discuter avec lui en tête à tête; conséquence, il ignore la réalité de nos problèmes (en dehors de celle que lui dictent des notes de renseignements douteuses).

Ses programmes d’insertion socio économiques : PIASSI, PAJER U… et même les 25.000 (confère le discours présidentiel au sommet de l’UA) sont brandis à tout vent pour faire la preuve de cela. pourtant, (et il le sait, le Rassemblement de la jeunesse et d’autres associations de jeunes ont commis des rapports d’enquête sur les projets fictifs et donc les détournements de fonds dans ces programmes) Ces programmes n’ont aucune incidence dans la lutte contre le chômage.


Le président de la république a si bien travaillé pour la jeunesse qu’il fait confiance en son système éducatif ; la preuve : aucun de ses enfants n’en profite. En réalité, tout ça, nous le savons déjà, rien de nouveau sous le soleil du renouveau. Mais il est question ici pour moi de rappeler au président que cette fois, nous avons atteint la maturité, qu’après 28 ans, nous ne comprendrons pas qu’il nous ramène le même disque, la même technique, le même dilatoire, la même démagogie, à travers les réverbérations d’une jeunesse réduite à sa seule dimension incantatoire. Dans cette logique, la jeunesse qu’on aime est celle qui baisse la culotte, obéit, et se tait. L’autre, celle qui pense, réagit, et agit est considérée comme la peste à combattre.


Difficile de parler au nom de toute la jeunesse. La notion est diffuse, confuse, et volatile, ambiguë, difficile. De même que nous ne pouvons pas toujours être tous d’accord sur le même sujet ; d’ailleurs, tout le monde ne s’accorde pas à voir en Jésus le fils de Dieu, encore moins le sauveur. Il restera toujours « la jeunesse du président » pour trouver en nous des opposants irréductibles. Soit. C’est la démocratie. Dans la vie il y a des choix à faire, entre la Veulerie et le courage, la trahison et la fidélité, la gloire et la déchéance, L’honneur et la honte, la fierté et le regret, la vie ou la mort.

Approche sociologique de la jeunesse

Depuis longtemps la jeunesse est considérée comme un vecteur de changement social, que l’on se place du côté des garants de l’ordre public, qui s’en inquiète, ou du côté des progressistes ou des révolutionnaires, qui s’en réjouissent.
Pour interroger la notion de jeunesse, il faut d’abord s’interroger sur sa définition ou son indéfinition, c’est-à-dire, prendre en compte ce qui précise la notion de jeunesse, mais aussi ce qui la rend floue.
Pour parler de la place de la jeunesse au sein de notre société, il est nécessaire de comprendre quelles politiques sont décidées et mises en place au Cameroun aujourd’hui ; mais ça, nous le savons.

La jeunesse dangereuse

Le débat social actuel est nettement dominé par la peur de la jeunesse, ce qui repousse le modèle de la jeunesse citoyenne qui existe pourtant. Actuellement, le tempo sécuritaire est très présent dans les médias et dans le discours des candidats potentiels aux prochaines présidentielles. Tout semble indiquer que, la jeunesse, produit extrêmement inflammable, préoccupe un certains nombre d’acteurs, Non pas par ce que l’avenir de cette jeunesse les inquiète, mais pour la réaction imprévisible de celle-ci.

« Pour qui roule Valsero ? Pour qui roule Sismondi ?...Ils sont manipulés » un questionnement et une conclusion qui reviennent sans cesse, bourdonnantes et agaçantes chaque fois qu’un jeune prend un engagement politique, comme pour valider le cliché perpétuel du jeune Camerounais éternel écervelé, qui ne pense que parce qu’il est manipuler.

En 28 ans de pouvoir, Paul Biya a gagné le pari de dépolitiser les jeunes, (« l’école aux écoliers, la politique aux politiciens ») au point où ces derniers sont complètement déconnectés de la vie de leur pays.
Devons nous dire que la jeunesse Camerounaise déteste son président ? En tout cas, nous ne dirons pas que nous l’aimons ; pour la simple raison que nous ne le connaissons déjà pas, nous ne nous sommes jamais vus en 28 ans, Jamais rencontré, jamais parlé pour échanger sur nos problèmes, juste la froideur lointaine des discours institutionnels, loin de notre réalité ; alors, comment peut-on aimer quelqu’un qu’on ne connait pas ? Nous ne le détestons pas non plus, Aucune haine, pas une affaire personnelle, mais un immense désespoir ; la jeunesse n’a plus de rêve.

Nous voulons un nouveau contrat social, Plus de respect et plus de considération.
En janvier dernier, le rassemblement de la Jeunesse Camerounaise à cotisé à hauteur de deux millions six cent mille FCFA pour aider des jeunes filles prisonnières des hôpitaux publiques pour incapacité à régler les frais de soins. Donnez-nous une raison de penser autrement, une seule !
En 2008, le président a fait tirer à balles réelles sur des jeunes (descendus dans la rue pour des revendications légitimes, il l’a reconnu sur le tard) pour protéger son régime. Je verse cela au dossier.
A la question qu’est ce qu’on fait, le président nous a répondu il y a deux ans : « aide-toi et le ciel t’aidera »

Sismondi Barlev BIDJOCKA
Porte-parole de la Jeunesse Camerounaise
Journaliste-écrivain
Tél : 00 237 77 85 89 19
Mail : sismondi2@yahoo.fr

mercredi 3 août 2011

SALON SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE


SALON SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE

POURQUOI LES POPULATIONS SONT DE MOINS EN MOINS
INFORMEES DES ACTIONS DU GOUVERNEMENT ?


1- Le gouvernement ne rend pas compte.
2- La non démocratie (le peuple n’est rien, l’administration est tout)
3- Les populations ne lisent pas les journaux
4- Les populations écoutent plus les faits divers à la radio…
5- Les Camerounais ne vont pas sur les sites internet des Ministères
6- Les Institutions n’ont aucune considération pour le peuple
7- Paul Biya demande au gouvernement de communiquer ils se foutent de sa gueule
8- Ils ont peur qu’en vulgarisant trop leurs actions, la société regarde de trop près, et par conséquent empêche les détournements entre autre.
9- Les CELCOM sont en majorité incompétents
10- Le gouvernement est paresseux.


Exemple : Le MINEPAT lance le deuxième C2D. Pour le Camerounais d’en bas, de quoi s’agit-il ? Quels sont les secteurs concernés ? Pourquoi ces secteurs ? Qui les choisit ?

Exemple 2 : Le Ministre des transports Bello Bouba interdit les voyages de nuit. Deux semaines plus tard il revient sur sa décision et personne n’explique rien.

Exemple 3 : Le gouvernement doit bitumer la Route Bafang-Nkondjock. Vous vous rendez au MINEPAT et au Travaux publics pour avoir les documents ; mais ont vous annonce que « c’est secret défense. »
….On peut multiplier les exemples à profusion

lundi 1 août 2011

Permis de communiquer: Coup de gueule d’Atangana Mebara



L’ex secrétaire général à la présidence de la République, désormais privé de visites, s’est opposé à ce que le parquet l’interroge vendredi dernier.

Au moment où Gilbert Schlick s’est installé sur son fauteuil de président du tribunal, il était visiblement prêt à y passer 10h de débats comme lors de la dernière audience.

Sauf que, lorsqu’il veut passer la parole au ministère public pour qu’elle engage l’interrogatoire de l’accusé Jean Marie Atangana Mebara, le président du tribunal est stoppé par l’ex secrétaire général à la présidence de la République.

De manière courtoise, ce dernier insiste pour avoir la parole. M. Schlick la lui accorde. La suite : « Monsieur le président, depuis trois semaines je ne peux pas recevoir les membres de ma famille à qui on a interdit les visites, de ce fait, je ne suis pas dans un état psychologique pour répondre aux questions du ministère public », déclare Atangana Mebara. Un grand silence s’empare de la salle. L’épouse de l’ex/Sgpr a les yeux rivés au sol. Elle relève sa tête lorsque le président du tribunal rétorque : « On ne va pas vous contraindre à répondre aux questions si vous n’êtes pas psychologiquement prêt ». Fin de l’audience. Le président Gilbert Schlick renvoie la cause au 16 juillet prochain.

Le Jour apprendra que les 43 visiteurs de Jean-Marie Atangana Mebara inscrits sur la liste de l’administration pénitentiaire doivent désormais présenter un permis de communiquer. « Et vous-vous rendez compte il faut demander l’avis du parquet pour les obtenir », s’énerve Atangana Mebara s’adressant aux siens après l’audience. Il est davantage remonté de savoir que « le dossier est en étude au parquet ». Une décision qui émane du juge d’instruction Pascal Magnaguemabe, fait-on savoir. Me Assira, l’un des conseils de l’accusé estime pourtant qu’il s’agit là d’une décision de pure administration qui n’a pas besoin de l’avis des parties, en l’occurrence le parquet. Il cite l’article 238 du code pénal, alinéa 1 et 2 qui réglementent le droit de visite.

Les règles de visite se sont durcies parce qu’ « il faut gérer le flux des 43 personnes, en retirant quelques noms de cette liste », a-t-on fait savoir à Me Assira. Pourtant, « il n’y a jamais eu de moindre incident jusqu’ici et ce, depuis trois ans », indique l’avocat. Il reconnaît toutefois que les permis de communiquer étaient provisoires.

Eitel Elessa Mbassi

L'EUROPE RACISTE, L'ALLEMAGNE TOUJOURS NAZI

Cameroun: la France lâche-t-elle Biya?


Des rumeurs, de plus en plus persistantes, font état d'une distance entre la France et le régime du président camerounais Paul Biya. Si leur amitié n'est pas des plus fortes, l'idée d'un «lâchage» ne relève peut-être que du calcul politique.

L’histoire est passée sous silence, et pourtant, elle ne cesse de faire grand bruit. Lors des cérémonies marquant la fête nationale du Cameroun le 20 mai 2011, une absence fut fort remarquée dans les tribunes: celle d’un représentant officiel de la France. Fait inédit, abondamment commenté par la presse locale.
C’était bien la première fois depuis la création de l’Etat unitaire du Cameroun, qu’aucun émissaire français n’assistait aux cérémonies. En 2010, Alain Joyandet, alors secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, prenait part à la parade militaire quand l’année précédente, le Premier ministre français François Fillon était l’invité officiel de Paul Biya.
Pour les observateurs et commentateurs politiques, ce fut le signe de trop, l’indice qui ne trompe pas: il s’agissait bien d’un «lâchage en règle», comme l’écrivait alors Mutations. Le quotidien camerounais semblait y voir le signe d’un désavœu, ce d’autant plus qu'à la même période, une importante délégation française conduite par le présidentNicolas Sarkozy se rendait, le 21 mai, à la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire.
Un indice qui s’ajoute à un autre, tout aussi évocateur: Nicolas Sarkozy n’a pas effectué de visite au Cameroun depuis son élection en 2007, alors qu’il s’est rendu plusieurs fois sur le continent et même dans des pays très voisins comme le Gabon ou le Tchad. Fait inédit, là encore, puisque tous les prédécesseurs du chef de l'Etat français, depuis Charles de Gaulle, ont fait le déplacement jusqu'à Yaoundé.
Tout ceci a contribué ainsi à alimenter des rumeurs de relations pas très cordiales entre les présidents français et camerounais.
Je t'aime, moi non plus
C’est en plein milieu de cette controverse qu'Henri de Raincourt, le ministre français en charge de la Coopération, est arrivé dans la capitale camerounaise le 30 juin dernier pour tenir un discours perçu par certains comme assez distant vis-à-vis du régime du président Paul Biya:

«La France souhaite que la prochaine élection présidentielle se déroule le mieux possible et dans la transparence. La France fait confiance à la démocratie, à la sagesse des peuples pour se choisir les représentants qu’ils désirent», a-t-il affirméau quotidien Le Jour.

Ces déclarations font suite à un message du même acabit adressé par la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, au peuple camerounais, où elle formule le vœu de «voir les Camerounais exercer leur droit de vote au plus tard cette année, lors d’une élection présidentielle, libre, transparente et crédible».
Même si Henri de Raincourt a pris grand soin de rappeler que les relations entre Paris et Yaoundé étaient au beau fixe, sa déclaration selon laquelle la «France n’a pas de candidat à la présidentielle» a vite été interprétée par les adversaires de Biya comme un lâchage de l’un des principaux partenaires du Cameroun.
Ce qui fait dire à Jean-Michel Nintcheu, député et vice-président du Social Democratic Front, le principal parti d’opposition au Cameroun, qu’il s’agit d’une prise de conscience tardive, peut-être favorisée par le syndrome tunisien:

«Ces mises en garde de la France ne sont qu’une manière d’anticiper sur un éventuel printemps arabe camerounais et subsaharien. Mais nous devons continuer la bataille pour une alternance démocratique dans notre pays.
La véritable question, c’est quel rôle le peuple lui-même peut jouer dans ce sens. Car les partenaires étrangers ne pourront que soutenir nos actions. Biya ne partira qu’à la suite d’un mouvement populaire.»

Pour le député, l’attitude de la France est sans équivoque: le chef de l’Etat camerounais subirait actuellement des pressions pour ne pas se porter candidat à sa propre succession lors du scrutin théoriquement prévu en octobre 2011. Des pressions qui viendraient d’ailleurs aussi des Etats-Unis, où une visite de Paul Biya été annulée au dernier moment au mois de juin.
Entre fantasme et réalité
Sans être aussi alarmiste que les adversaires du chef de l’Etat, le célèbre éditorialiste Jean-Vincent Tchienehom admet tout de même que les rapports ne sont pas au beau fixe entre Sarkozy et Biya:

«Il n’y a pas un soupçon d’amitié entre les deux. L’indicateur le plus flagrant, c’est que Sarkozy ne s'est jamais rendu au Cameroun. Pourtant, ce pays est incontestablement le leader dans toute la sous-région d’Afrique centrale.
Le second élément, et peut-être le plus important, c’est le mauvais bilan en matière de droits de l’homme. Les rapports accablants se succèdent dans ce sens. Et la France perçoit très bien la nécessité de se démarquer d’un régime qui, en 29 ans, a multiplié les atteintes aux libertés fondamentales des citoyens et aux droits humains.»

Le vent de contestation populaire qui a soufflé sur le Maghreb et la grogne sociale qui plane dans de nombreux pays africains seraient-ils seuls à l’origine d’un «lâchage» de Biya par la France, si cela était avéré?
L’argument vaut son pesant d’or, mais il convient d’ajouter que la diplomatie camerounaise elle-même n’a pas montré de signes particuliers de dynamisme. «La diplomatie de présence et de rayonnement», tant promue par le président du Cameroun lors de ses premières années au pouvoir, s’est muée depuis longtemps en une politique de la chaise vide. Au point de faire dire à un chroniqueur de la presse privée, qui a requis l’anonymat:

«Si la France ne s’intéresse pas au Cameroun, s’est bien aussi parce que le régime de Biya a l’air de ne pas trop s’intéresser aux affaires du monde.»

Le politologue Stéphane Akoa, chercheur à la Fondation Paul Ango Ela, est beaucoup plus nuancé. Certes, il existe au Cameroun des risques que survienne ce que l’on n’a pas vu venir en Tunisie, en Egypte ou en Côte d’Ivoire. Mais pour le spécialiste des relations internationales, les supputations actuelles sur les rapports entre les deux présidents trouvent leur source dans les fantasmes qui ont toujours nourri les relations entre la France et le Cameroun:

«La France ne lâche pas Biya. Il se trouve simplement qu'au fond, Nicolas Sarkozy n’a aucun lien étroit avec l’Afrique —contrairement à tous ses prédécesseurs. Les affinités qu’il peut avoir avec tel ou tel pays ne sont donc que tributaires des liens que ses conseillers ont avec eux. Et il se trouve que presqu'aucun, parmi ses conseillers les plus influents, n’a d’accointance particulière avec le Cameroun.»

Mais tout ceci ne semble pas suffisant pour parler d’une distance ou d’une indifférence de Paris à l’égard de Yaoundé. Les liens entre les deux pays sont trop forts, trop anciens pour ne pas être pris en compte. Les intérêts bilatéraux sont suffisamment importants pour que le régime de Biya ne soit pas «banni» du jour au lendemain.
La réalité d’une distance de Paris vis-à-vis de Paul Biya n’est pas fausse, même si ce dernier a effectué au moins trois voyages officiels en France depuis 2007. La fermeté en matière de respect des droits de l’homme dont font montre Paris et les Etats-Unis n’est pas non plus fabriquée. Mais le «lâchage» dont la presse camerounaise parle depuis plusieurs mois n’est peut-être qu’un épouvantail fantasmé par une opposition à court d’idées pour mettre en place une véritable alternance.
Raoul Mbog

vendredi 22 juillet 2011

CAMEROUN Mebe Ngo'o dans les griffes de l'Épervier


CAMEROUN
Mebe Ngo'o dans les griffes de l'Épervier
Le ministre chargé de la défense a été auditionné dans le cadre de l'opération Épervier. A cinq mois de la prési­dentielle, Paul Biya se donne-t-il bonne conscience ?
Cheville ouvrière de l'opération Épervier, la Commission nationale anti-corruption (Conac) a auditionné, le 13 juillet, le journaliste Jules Koum Koum à la demande du président Paul Biya. Directeur de l'hebdomadaire Le Jeune Observa­teur et représentant de Reporters sans frontières (RSF) au Cameroun, il a été entendu dans le cadre d'une enquête sur le patrimoine du ministre délégué à la présidence chargé de la défense, Alain Edgar Abraham Mebe Ngo'o, successeur à ce poste de Rémi Zé Meka. Jules Koum Koum a publié plusieurs enquêtes, souvent très fouillées, sur le sujet.
Président de la société de location de limousines Prestige Limousine, Alain Edgar Abraham Mebe Ngo'o posséderait, à titre personnel, une dizaine de voitures haut de gamme (Mercedes 500 Classe S, Lexus 430, Toyota Maxima, Land Cruiser, Peugeot 607...) et même une Citroën DS de collection datant de 1969 ! Celui qu'on surnomme "Bébé Dog" serait également le propriétaire de nombreuses résidences, immeubles et hôtels de luxe à Odja, Zoétélé-ville, Sangmélima-ville et Kribi. En France, plusieurs appartements situés à Champigny-sur- Marne (94), Aubervilliers (93) et dans le 16e arrondissement de Paris viendraient enrichir ce patrimoine.
La Conac, qui soupçonne des détournements de fonds publics, serait récemment entrée en possession d'informa­tions et de documents suffisamment probants pour accélérer son enquête. L'opération Épervier a prouvé par le passé qu'elle pouvait largement servir au président camerounais pour l'aider à neutraliser son entourage. Y compris au sein de sa propre famille. Son neveu Charles Mikandi Fam et son beau- père Dieudonné Angoula ont été visés par cette opération. Fin 2009, ce dernier est même décédé en détention. Alors qu'Alain Edgar Mebe Ngo'o passait pour un baron protégé du système Biya, l'audition de Jules Koum Koum suggère que d'autres personnalités pourraient subir le même sort à cinq mois de la présidentielle. Histoire de décourager les dauphins potentiels de sortir de l'ombre...
Source : La Lettre du Continent n°616, du 21 juillet 2011

ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2011: PAUL BIYA NON PARTANT


ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2011: PAUL BIYA NON PARTANT

Le RDPC va devoir se trouver un candidat à la présidentielle d'octobre prochain; le président Paul Biya aurait décidé de sortir par la grande porte en jouant les arbittre. De source proche du parti, le congrès à venir devrait revoir les textes , et le président de RDPC ne sera plus le candidat naturel; il sera désormais élu par la base.

mardi 19 juillet 2011

Quel est le jeu de la France dans les pays africains où le président tente de s’éterniser au pouvoir ? Le ministre français de la Coopération, Henri d

« Le printemps africain en tant que tel est commencé dans différents domaines depuis déjà un certain temps. Que ce soit sur le plan économique, avec des croissances dans un certain nombre de pays, par exemple au Ghana. Au cours l’année 2011, la croissance du Ghana tournera autour de 14%. Deuxièmement, le printemps est aussi démocratique, que ce soit en Guinée Conakry, au Niger, en Côte d’Ivoire, c’est la démocratie qui l’a emporté. »

Quel est le jeu de la France dans les pays africains où le président tente de s’éterniser au pouvoir ? Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, rentre d’une tournée dans trois pays africains en compagnie du Premier ministre, François Fillon.
Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

vendredi 1 juillet 2011

C2D DEUXIEME GENERATION C'EST PARTI



A l’occasion de sa visite, le Ministre chargé de la Coopération Henri DE RAINCOURT signé ce matin le deuxième C2D entre le Cameroun et la France, pour un montant de 326 M€ sur 5 ans (2011-2016), ce vendredi 01 juillet 2011 à 11h au MINEPAT, avec le ministre délégué auprès du Ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire camerounais Yaouba Abdoulaye. Au total, il s’agit du plus important programme de subventions conduit à ce jour par la Coopération française.
La cérémonie s'est déroulée ce matin à 11h en présence de la presse.

Le Cameroun a reçu un nouveau financement de la France dans le cadre du deuxième Contrat de désendettement et de développement (C2D 2ème génération). Le montant global des financements est de 213 milliards de Fcfa. Ce futur C2D mettra l’accent sur les activités rurales en l’occurrence l’agriculture, la pêche, l’électrification. L’éducation et la formation professionnelle sont entre autre secteurs dans lesquels seront affectés ces financements.

Cet autre financement du C2D vient en rajout au premier qui a couvert la période allant de 2006 à 2010. Celui-ci était financé à hauteur de 352,7 milliards de francs CFA. La construction du giratoire Joss à Douala et la construction de l’échangeur au lieu dit « Carrefour Préfecture » à Yaoundé, sont quelques uns des projets réalisés avec la première enveloppe du C2D. Bien d’autres projets restent en cours.

mercredi 29 juin 2011

La France a livré des armes aux rebelles libyens au sud de Tripoli



La France a admis avoir livré des armes à des civils libyens assiégés par les forces de Mouammar Kadhafi dans une région montagneuse au sud de Tripoli, devenant ainsi le premier pays de l'OTAN à franchir ce pas dans l'espoir de parvenir à une avancée significative dans le conflit.

Ce geste audacieux est toutefois susceptible d'attirer les critiques des autres pays qui se méfient du recours à la force dans le conflit en Libye, comme la Chine et la Russie.

La livraison des armes - des roquettes propulsées par des fusées et des munitions - a eu lieu au début du mois de juin dans les montagnes de Nafusa, dans l'ouest de la Libye, quand les troupes de Kadhafi encerclaient des civils et refusaient de suspendre leurs opérations comme le demandait l'ONU pour permettre la livraison d'aide humanitaire, a indiqué mercredi un porte-parole de l'armée française, le colonel Tierry Burkhard.

Après en avoir informé les Nations unies, la France a parachuté de l'aide humanitaire aux civils de la région, notamment de l'eau, de la nourriture et des fournitures médicales. Mais la situation a continué de se dégrader, a expliqué le colonel Burkhard.

«Alors la France a parachuté de l'équipement qui leur a permis de se défendre eux-mêmes», a déclaré le colonel Burkhard à l'Associated Press.

Les armes ont été parachutées par un avion de transport militaire, a dit le porte-parole. L'impact de cette livraison d'armes reste incertain, mais depuis, les rebelles de Nafusa ont affirmé avoir avancé jusqu'à la ville de Bir Al-Ghanam, à environ 80 kilomètres de Tripoli.

Mercredi, le premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi a minimisé l'avancée des rebelles, affirmant que «la situation dans les montagnes de l'ouest est bonne et sous contrôle».

Un membre du conseil de rebelles dans les montagnes de Nafusa, le colonel Gomaa Ibrahim, a nié avoir reçu des armes de la France, affirmant qu'il s'agissait d'informations «déconcertantes». Il a précisé que les dirigeants rebelles de Benghazi, capitale de l'insurrection, tenteraient de clarifier la question avec l'OTAN.
Cette aide militaire française, décidée sans demander la moindre coopération avec les alliés de l’Otan, a ainsi permis à l’insurrection de sécuriser une région qui va de la frontière tunisienne à la localité de Gharian, à 60 km de Tripoli, et dans laquelle des terrains d’aviation de fortune auraient été établis afin de faciliter les livraisons d’armes.
Visiblement, la question de savoir si une telle aide est conforme ou pas à la résolution 1973 des Nations unies, qui a autorisé l’intervention militaire internationale contre le régime du colonel Kadhafi, a été tranchée par Paris. Le 31 mars dernier, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait estimé qu’une « telle assistance » n’était « pas compatible » avec le texte adopté par le Conseil de sécurité. Ce qu’avait contredit, une semaine plus tard, son collègue des Affaires étrangères, Alain Juppé, sur les ondes de France Info. « Il y a un embargo sur les armes destinées à la Jamahiriya (ndlr, le nom officiel de la Libye depuis le coup d’Etat du colonel Kadhafi), c’est à dire aux troupes de Kadhafi » avait-il affirmé. En clair, les insurgés peuvent recevoir des armes.
Quoi qu’il en soit, la France a déjà livré de l’armement aux rebelles. Selon le Canard Enchaîné, le service action de la DGSE s’y est employé à Benghazi. Et le même hebdomadaire, dans son édition du 25 mai, a indiqué que des livraisons clandestines d’armes avaient été faites sous la supervision du général Puga, l’actuel chef d’état-major particulier du président Sarkozy.
Ces armes vont-elles permettre aux insurgés de faire la jonction avec les mouvements d’opposition basés à Tripoli, comme l’espère Paris ? En attendant, ces derniers ont pris d’assaut un dépôt de munition situé à 25 km au sud de Zenten et repoussé une contre-attaque des forces loyalistes. Mais un début de réponse sera donné quand ils se mesureront aux troupes du colonel Kadhafi, qui, équipées d’armes lourdes, protègent la capitale libyenne.

samedi 25 juin 2011

Journée de la colère le 11 Juillet 2011



COMMUNIQUE RADIO PRESSE
Journée de la colère le 11 Juillet 2011
GREVE GENERALE
On veut de l’eau, juste de l’eau, rien que de l’eau

En 2004 à Monatélé à l’ouverture de sa campagne, le Chef de l’état Paul Biya avait dit que le Minimum vital comme l’eau potable sera garanti.
Sept ans plus tard, nous n’avons pas d’eau. Nous ne demandons pas la nourriture, seulement de l’eau. Est-ce trop demandé ? Une jeune fille a été violée la semaine dernière au Quartier Ekié à Yaoundé parce qu’elle était sortie tôt pour aller chercher de l’eau.
Au regard de cette situation alarmante, le Rassemblement de la jeunesse demande à tous les jeunes du Cameroun, à toute la population, de marquer son mécontentement avec une journée de grève générale le lundi 11 juillet 2011, chacun reste chez soi.

jeudi 23 juin 2011

SENEGAL WADE RECULE : VOILA CE QU’ON APPELLE UNE VRAIE OPPOSITION ET UNE VRAIE SOCIETE CIVILE




SENEGAL WADE RECULE : VOILA CE QU’ON APPELLE UNE VRAIE OPPOSITION ET UNE VRAIE SOCIETE CIVILE

Pas les bavards que nous avons au Cameroun et qui passent le temps à jacasser à la télé et à la radio avec la cravate…Au Cameroun Paul Biya fait ce qu’il veut, avec des opposants faibles qui n’imposent aucune influence dans le rapport de force (il modifie la constitution comme il veut quand il l’entend, il gronde même à la télé…)

Les manifestations au Sénégal contre une réforme de la Constitution qui visent, selon ses détracteurs, à faciliter l'élection d'un "ticket" du président.

Des Sénégalais hostiles à un projet controversé de réforme constitutionnelle ont manifesté jeudi dans plusieurs régions au sud et au nord, sans que ces protestations atteignent la même ampleur que celles, violentes, à Dakar.

A Kolda, qui est avec Ziguinchor une des deux principales villes de la Casamance, des protestataires sont descendus dans les rues en milieu d'après-midi.

Jeunes en majorité, en foulards ou brassards rouges, ils étaient mobiles à travers la ville. Ils ont érigé des barricades de fortune, brûlé des pneus sur les voies, scandant des slogans hostiles au projet de loi, au régime du président Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 2000, ainsi qu'à son fils, Karim.

Il n'y a pas eu de saccages et de heurts avec les forces de l'ordre.

A Ziguinchor, un sit-in pacifique s'est tenu au rond-point Jean-Paul II, au coeur de la ville, d'où partent les principales artères.

«Le Sénégal n'est pas un royaume»

Assises sous un soleil de plomb et bravant la forte chaleur, une centaine de personnes ont brandissaient des pancartes aux slogans comme «Touche pas à ma Constitution», «le Sénégal n'est pas un royaume mais une République», en référence aux intentions prêtées au président Wade d'imposer son fils au pouvoir.

Des policiers du groupement mobile d'intervention ont suivi discrètement la scène, sans intervenir. Les manifestants se sont dispersés sans incident.

A Saint-Louis (nord), la journée a été marquée par des marches, rassemblements à travers la ville, mêlant membres de l'opposition, de la société civile, étudiants, arborant aussi du rouge, face à un dispositif policier important.

Il y a eu les mêmes slogans hostiles, des pneus brûlés par endroit. Les esprits se sont un peu échauffés lorsque des étudiants ont barré pendant près de trois heures la route menant à l'Université Gaston Berger, la deuxième du pays, à une dizaine de kilomètres de Saint-Louis. Cette route conduit à la ville industrielle de Richard-Toll, proche de la frontière mauritanienne.

Accalmie après des émeutes à Dakar

La situation n'a toutefois pas dégénéré. En fin de journée, l'annonce du retrait du projet de loi a été accueillie par des cris de joie.

Dans sa version initiale, ce texte visait à modifier la Constituer pour instituer un «ticket présidentiel» pouvant être élu dès le premier tour avec seulement 25% des voix.

A Dakar, jeudi, la contestation a tourné à l'émeute par endroits jusqu'en fin d'après-midi. Le calme est revenu après l'annonce de l'abandon du projet de loi.


Le retrait du texte controversé de révision constitutionnelle sur un "ticket présidentiel", destiné, selon l'opposition, à préparer une succession dynastique, a ramené le calme à Dakar.

Le calme est revenu jeudi soir au Sénégal après l'annonce de la décision du président Abdoulaye Wade d'abandonner son projet controversé de révision constitutionnelle sur un "ticket présidentiel" qui a mis son régime face à une violente contestation.

Le retrait du texte a été annoncé aux députés en fin de journée par le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, après des échanges souvent houleux entre les députés et de longues heures de heurts entre manifestants opposés au projet et forces de l'ordre à travers Dakar.

Le président Wade "a pris en considération vos préoccupations", il "a pris bonne note" de toutes les réactions et "il m'a chargé de retirer ce projet de loi", a déclaré le ministre Sy, suscitant des applaudissements nourris dans l'hémicycle où les parlementaires étaient réunis depuis le matin en séance plénière.

Le projet de loi avait été adopté en Conseil des ministres le 16 juin, à huit mois de l'élection présidentielle de février 2012, à laquelle Abdoulaye Wade, 85 ans, est candidat.

Un rejet jusqu'au sein du parti présidentiel

Dans sa version initiale, le texte visait à modifier la Constitution pour permettre aux Sénégalais d'élire simultanément, dès 2012, un président et un vice-président sur la base d'un "ticket" qui, pour l'emporter, pouvait ne recueillir au premier tour que 25% des suffrages exprimés. Ce minimum de voix pour une victoire au premier tour était parmi les dispositions les plus décriées par les opposants au projet. Jeudi matin, le ministre Sy a annoncé que le président sénégalais avait décidé d'abandonner cette disposition pour conserver dans le projet la majorité absolue (50% plus une voix) comme minimum pour la victoire au premier tour.

Pour ses détracteurs, à travers cette initiative, Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir en 2000, entendait se faire réélire avec peu de voix pour ensuite céder le fauteuil à son fils Karim Wade, 42 ans.

Le texte sur le "ticket présidentiel" a mis le régime d'Abdoulaye Wade face à une contestation d'ampleur jamais égalée en onze ans, jusque dans le camp du Parti démocratique sénégalais (PDS), sa formation, et de ses alliés. Les protestataires se sont fait entendre jusque dans le camp du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et de ses alliés. Des députés de la majorité avaient clairement indiqué leur refus de voter pour le texte.

Le calme était revenu jeudi soir après des manifestations dans plusieurs régions, dont Ziguinchor, Kolda (sud) et Saint-Louis (nord), sans que ces protestations atteignent la même ampleur que celles, parfois violentes, tenues à Dakar. Et la police a libéré tard jeudi soir les dirigeants du mouvement de rappeurs engagés "Y en a marre" et tous leurs militants arrêtés la veille lors de ces manifestations.